Une belle image

Qu’est-ce qu’une belle image ?…

Comment créer une belle image ?

En photo ou en vidéo, l’un des premiers défi, est de réaliser une belle image. Car même dans le cadre de l’image animée, il n’y a pas de beau film, sans de belles images.
Mais que peut-on appeler une belle image ? Car malgré une belle image, il y a parfois, des films qui ne marquent pas le spectateur.

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Je dois préciser que l’argumentaire qui suit, est issu d’une discussion téléphonique avec un prospect. Cette dernière dura près de deux heures et fut d’une qualité rare. J’ai tenté ici d’en faire un résumé :

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Une belle image, objectivement.

Il existe maintenant des caméras très performantes. Suffisamment performantes pour faire de belles images sans trop se soucier de la technique.
En effet, les logiciels embarqués des caméras actuelles sont largement à la hauteur de la restitution d’images par les « anciennes » pellicules, et plus particulièrement, les formats de grande dimension comme le 70 mm, voire le IMAX.

Les formats cinéma

Les formats cinéma

 

Le nombre de pixels.

Qui dit grande dimension, dit grand nombre de pixels. Or une image riche en pixels augmente sa résolution, et donc la qualité de cette image… Oui, mais.
À l’heure où l’on parle déjà de la 8K, la diffusion de la 4K n’existe pas encore, mise à part sur Youtube et en salle de cinéma. Et encore, tout dépend du débit au sein du réseau internet, pour garantir une fluidité lors du visionnage du film.
D’autre part, même sur un écran 4K, il est très difficile de voir la différence entre un film tourné, monté et diffusé en 4K, et le même film édité en 2K, c’est à dire en Haute Définition (HD). Le véritable intérêt de la 4K, est lors d’une diffusion sur un écran de cinéma.
Sans parler de la stabilité de l’image : on appréciera toujours plus les détails d’une image en 4K sur, par exemple, un couché de soleil pris avec une caméra sur pied, que sur des images du débarquement de Normandie, tourné en caméra embarquée.

De ce fait, la 4K n’est pas encore une demande concrète de la part des clients entreprise. La véritable demande reste une image HD de qualité.

4K 8K UHDTV UHD

Les formatts 4K 8K UHDTV UHD.

 

Les réglages de la caméra.

Les caméras actuelles sont de véritables ordinateurs dédiés à l’image.
La balance des blancs, les contrastes, les couleurs, la mise au point, et bien d’autres paramètres, sont préréglés et modifiables à partir d’une interface d’administration de la machine.
En mode automatique, il est presque bizarre de rater une photo, ou une prise de vue en vidéo…

On peut donc dire, que ce sont des images belles techniquement. Mais sont-elles pour autant, de belles images ?…

Le format RAW en photo et vidéo

 

Les réglages de la mise en scène.

Les images techniquement propres ne sont pas seulement l’apanage des caméras. Dans un tableau ou un dessin, il y a ce que l’on appelle l’équilibre des masses, comme celle d’un centre de gravité, au même titre que l’harmonie des lignes de fuite dans une perspective. Tout cela dépend de la lumière, les placements, le décor…

La lumière va mettre en valeur certaines zones de l’image, et parallèlement, créer des masses d’ombres.
La mise en scène d’objets va créer également des équilibres entre les objets qui seront agencés dans le cadre de l’objectif. Ceci est entièrement paramétrable en studio, et un peu moins en décors naturels.

Qu’à cela ne tienne ! Si la mise en scène est difficilement paramétrable, c’est au cadreur d’adapter le cadre par rapport aux sujets qu’il veut y insérer, où à l’axe de la lumière qui éclaire sa scène.
Tout ceci est indépendant de l’informatique de la caméra. Mais pas du choix des objectifs que l’on va placer dessus. Du grand angle au télé-objectif, chacun va offrir une certaine vision de la scène.

Selon le choix de la mise en scène, ainsi que celui des objectifs, on ne va pas obtenir le même rendu à l’image.

Cadrage plan large - Film Il était une fois dans l'ouest

Cadrage plan large – Film Il était une fois dans l’ouest

 

Les retouches d’images.

Tous ces réglages font partie de la prise de vue.
Après la prise de vue, il y a la possibilité de modifier l’image. On appelle cette partie, la post-production. L’ajout de bruitages, de musiques, de voix enregistrées en studio, par exemple, fait partie de la « post-prod ».
Sur des formats numériques, le travail du rendu de l’image, va depuis la correction d’une balance des blancs, jusqu’à l’incrustation de différents éléments graphiques tournés indépendamment, et on va donc créer une image à partir d’autres images, utilisées comme des briques.

Le « grain de la pellicule », les niveaux de lumière, les contrastes, les couleurs, le vignettage, et bien d’autres effets, sont à la disposition de celui que l’on appelle l’étalonneur, et qui va « améliorer » l’image. Ou tout du moins, l’adapter à l’ambiance que l’on souhaite communiquer au spectateur.

Là, on commence à entrer dans le vif du sujet : Ce que l’on transmet au spectateur.

Vidéo avec la texture cinéma

 

Une belle image, subjectivement.

Si tout le monde possède les meilleures caméras qui existent, et en même temps, maîtrise la technique de ces caméras pour réussir à chaque coup la prise de vue, alors comment les différencier ?

De plus, une même image, ou un même film, vont avoir un impact différent sur chaque personne. Il suffit de faire la sortie d’une salle de cinéma, et questionner chaque spectateur pour savoir ce qu’il a pensé du film qu’il a vu. Il y aura rarement deux avis strictement identiques.

Ceci me rappelle ce que disait un sculpteur lors d’un documentaire sur le monde du granit.

Film vidéo de présentation du Sidobre 2017

À 1 min. 33 sec. :
« La difficulté du granit par rapport au marbre, par exemple, quand on veut une courbe dans le granit, il faut vraiment la vouloir.

Et c’est cette difficulté qui pousse parfois à l’excellence. Dans le granit, on va peut-être chercher un peu plus, l’âme, que l’esthétique. »

Ce que voulait dire ce sculpteur, c’est que la technique est une chose. L’Art, en est une autre.

Moi-même j’ai eu l’occasion d’avoir un certain nombre de stagiaires au cours des vingt dernières années, notamment dans le domaine de la 3D. J’ai pu observer qu’il y avait trois types de populations… (non, non, « Touco » n’a rien à voir ici !…)

  • Ceux qui maîtrisent parfaitement le logiciel 3D, c’est à dire l’outil. Mais pas la création artistique.
  • Ceux qui maîtrisent la création artistique, mais pas l’outil.
  • Et ceux qui maîtrisent les deux.

Inutile de préciser que la troisième catégorie est à placer dans les perles rares…

Car les premiers bénéficient d’une totale liberté quant à l’usage de l’outil, mais ne savent pas « où » aller. Les seconds voudraient aller « où » leur part artistique leur dit d’aller, mais ne peuvent  pas. Et les troisièmes, savent « où » aller, et sont libres d’y aller, car la technique ne les freine pas.

Maîtriser la technique, c’est se libérer de cette contrainte, afin de pouvoir laisser libre cours à son imaginaire artistique.

C’est à partir du moment où l’on maîtrise la technique, que l’Art peut s’exprimer.

Cela rejoint ce que disait Saint François d’Assise :

« Celui qui travaille avec ses mains est un ouvrier,
celui qui travaille avec ses mains et sa tête est un artisan,
celui qui travaille avec ses mains, sa tête et son cœur est un artiste. »

Un artisan pourra toujours exceller dans son métier, toucher la perfection, il ne touchera pas le cœur des gens. D’ailleurs, ce n’est pas son but. Il cherche à être parfait dans ce qu’il a prévu de réaliser.
En cela c’est la définition de la Qualité en entreprise. On la mesure grâce à ce qui sépare ce qui a été prévu, de ce qui est finalement réalisé. Dans l’idéal, il n’y a pas de différence entre les deux. Et dans ce cas là, on peut dire « PARFAIT » !…

Mais quand il s’agit de toucher le cœur des gens, cela revient à connaître ce qui va les faire rire, les faire pleurer, ou les angoisser. Il va falloir aller chercher les sentiments profonds de chacun. Et comment fait-on cela ?

On peut s’en remettre au hasard, puisque certains Auteurs reconnaissent, à posteriori, qu’un succès ne peut pas ce prévoir, et donc, ne peut pas s’élaborer en vue d’être un succès.
Mais on peut également sonder l’esprit collectif d’une population. C’est à dire, entrer dans la tête des gens pour savoir ce qui va les toucher.
Et comment fait-on cela, ne serait-ce qu’avec une seule personne ?

Avec une seule personne, si on la connaît très bien, on sait ce qui va lui faire plaisir, ce qui va lui faire peur, ou ce qui va lui tirer les larmes des yeux. Parce que l’on connaît son vécu. On sait donc ce qui l’a marqué dans sa vie, et comment elle s’est adapté à ces diverses expériences, cadrées dans des règles familiales, puis culturelles.
On peut extrapoler ce raisonnement au niveau d’un groupe de personnes. Ce groupe sera plus ou moins grand, mais il sera façonné intellectuellement par la culture dans laquelle il aura baigné. On parle là d’un groupe représentant une région, une culture, voire un pays.
De plus, des événements peuvent aussi marquer la conscience collective de ce groupe. Et donc, ce qui ne touche pas le cœur des gens, à un moment donné, peut le toucher à un autre moment. On le voit dans le cinéma : il y a des modes sur les sujets traités, qui sont le reflet de l’évolution de notre société.

 

Alors qu’est-ce qu’une belle image ?

Au delà de l’aspect technique, une belle image doit finalement susciter de l’émotion. Du rire, des pleurs, des angoisses, de la peur… Tout ce qui est instinctif, mais également forgé par notre expérience. L’inné et l’acquis. Ce qui est donc le souvenir partagé d’une histoire commune, mais également le vécu individuel qui forge l’esprit.

Elle peut être un tableau, une photo, ou une image animée, quand on trouve qu’une image est belle, il est intéressant de se demander pourquoi on la trouve belle. Il faut chercher justement ce qui nous touche dans ses différentes caractéristiques, qui sont les couleurs dominantes, l’harmonie des masses, les lignes de fuite, les lumières, les contrastes, la mise en scène, etc… Pourquoi aime-t-on telle ou telle couleur ? Pourquoi aime-t-on les contrastes ? Pourquoi aime-t-on le noir et blanc, plutôt que la couleur ?
On trouvera des réponses dans notre vécu, mais également dans notre bagage inné. Et elles seront sans doute en liaison avec des manques, ou des excès. C’est intéressant de le savoir, car à partir de là, on peut répondre à la demande.

Et celui qui construira une image dans le but de stimuler l’émotion d’une personne ou d’un groupe d’individus, et qui réussira à le faire, sera alors un véritable artiste.

 

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