Étalonnage vidéo

Étalonnage vidéo

Qu’est-ce que l’étalonnage vidéo ?

L’étalonnage vidéo est principalement la phase de finition de l’image qui est réalisée en post-production sur le logiciel de montage vidéo ou de retouches d’images.

Pourquoi « principalement » ?
Tout simplement parce que les outils informatiques embarqués dans la plupart des caméras, permettent de compléter ou de mimer les mêmes outils du logiciel de montage vidéo qui sont utilisés pour l’étalonnage.
En d’autres termes, si l’on maîtrise suffisamment les outils de la caméra et avec un œil expérimenté, il est possible de commencer l’étalonnage dès le tournage en fonction de ce que l’on voit sur l’écran de contrôle. Soit en mode automatique, en laissant le temps à la machine, soit en mode manuel comme sur l’image ci-dessous :

Balance des blancs pendant le tournage

Balance des blancs pendant le tournage

Étonnant non ? Car l’étalonnage se fait généralement après le montage vidéo afin de niveler les variables, contraste, teinte, exposition et saturation, des plans d’une même scène.

Niveler les variables, contraste, teinte, exposition et saturation, des plans d’une même scène

Pourquoi ces variables changent-elles d’un plan à l’autre ?

Quand la source lumineuse se modifie :

> En lumière naturelle, c’est à dire le soleil, il est notoire que la prise de vue d’une scène ou d’un objet au moment du zénith, ne donne la même ambiance qu’au crépuscule… La lumière sera moins intense, donc l’image moins contrastée, et sa température sera plus chaude, au crépuscule qu’en milieu de journée. Et ceci tout simplement parce que les rayons du soleil vont traverser une épaisseur plus importante de l’atmosphère terrestre à cause de leur incidence très oblique.

Il en va de même quand le ciel est dégagé ou nuageux, ou encore à l’aube… D’ailleurs, sur la majorité des caméras il y a des modes pré-réglés afin d’ajuster la balance des blancs par rapport à la situation (ciel dégagé, ciel nuageux).

> En lumière artificielle c’est principalement le type de projecteur qui va inonder la scène avec une lumière plutôt chaude ou plutôt froide. C’est le cas de projecteurs à lumière blanche, contrairement à l’éclairage par des bougies. Cet exemple semble irréaliste, et pourtant, c’est ce type d’éclairage qui fut mise en œuvre lors du tournage du film Barry Lyndon de Stanley Kubrick :

Film Barry Lyndon de Stanley Kubrick

Film Barry Lyndon de Stanley Kubrick

Cependant, cela serait trop simple… Car que devient la lumière émise ?…

Elle se réfléchit sur les surfaces des objets. C’est ainsi que cette lumière ainsi réfléchie parvient à notre rétine, et rend ces objets visibles pour notre œil. Idem si l’on considère le capteur numérique comme l’équivalent de notre rétine : Pas de lumière, pas d’image…

Or si les objets sont blancs, la lumière réfléchie sera équivalente à la lumière émise. Avec une modification d’intensité selon les formes des surfaces réfléchissantes (convexe ou concave), ou si elles sont mates ou brillantes.

Cependant, dans la réalité les surfaces des objets sont de couleurs différentes. Et la lumière réfléchie va être modifiée dans sa longueur d’onde. Une lumière blanche réfléchie sur des murs ocres va donner une ambiance chaude. La pire des situations pour ajuster une balance des blancs étant une source de lumière chaude sur des murs ocres. Dans ces conditions, si l’on veut avoir un rendu correct de la couleur de peau des visages, il faudra « batailler » avec le logiciel embarqué de la caméra, puis ensuite celui du logiciel de retouche d’images de la station de montage vidéo.

Balance des blancs

Balance des blancs

Autre exemple intéressant en matière de correction des couleurs, la source « néons ». Elle donne une magnifique teinte verdâtre aux visages illuminés par ce type de source lumineuse.

Quand les récepteurs sont différents :

C’est le cas lors des tournages en multi-caméras. Il peut s’agir tout simplement d’une caméra de drone et d’une caméra au sol.
Les différentes caméras sur un même tournage, les différents objectifs sur une même caméra, voire les filtres des objectifs, tout cet équipement va produire des ambiances différentes à partir d’une même prise de vue.

Sans entrer dans les détails, tous ces équipements possèdent leur réglage d’usine : chaque caméra est équipée d’un capteur qui lui est dédié, un logiciel embarqué généralement développé par la marque. Et même si toutes ces marques cherchent à aller dans la même direction, à savoir restituer une image la plus fidèle possible à la réalité, il subsiste des différences d’une marque à l’autre, voire entre les produits de gammes différentes au sein d’une même marque.

Concernant les objectifs, il est évident que le simple fait d’avoir une ouverture différente, c’est comme avoir une source lumineuse différente, puisque la quantité de lumière qui arrive sur le capteur va être différente en fonction de l’ouverture du diaphragme. Sans même parler des conséquences sur la profondeur de champ

Pourquoi étalonner différents plans vidéo ?

À la base, une image est créée par la lumière qui est réfléchie sur l’objet ou la scène, puis renvoyée sur le capteur numérique de la caméra; ou anciennement, sur la pellicule photo… Pas de lumière, pas d’image !

Or selon la température de la source lumineuse, la balance des blancs va en dépendre. Selon l’intensité de la source lumineuse, les contrastes seront plus ou moins forts, et les couleurs, plus ou moins saturées.

Cela ne poserait pas de problème si ces variables restaient fixes sur l’ensemble d’une scène. Mais voilà, lors d’un tournage la caméra bouge, la mise en scène évolue, et les éclairages changent en fonction du langage de l’image, et de l’ambiance que le réalisateur souhaite créer pour le spectateur. Sans oublier qu’en extérieur, c’est l’incidence des rayons du soleil qui varie en fonction de l’heure de la journée. Et oui, la Terre tourne par rapport à sa principale source lumineuse. Et donc, le plateau de tournage aussi.

Nous avons donc deux besoins en matière d’étalonnage vidéo :

L’un est TECHNIQUE, tandis que l’autre est ARTISTIQUE.

– Le premier consiste à niveler les contrastes, les teintes et la saturation sur les différents plans qui composent une scène. Ceci afin de limiter de trop grandes différence qui apparaîtraient sur ces différents points d’un plan à l’autre. Ce qui revient à limiter les incohérences qui naîtraient dans l’esprit du spectateur à la vue de ces grandes différences d’un plan à l’autre.

– Le deuxième consiste à créer une ambiance dans une scène, ou dans l’ensemble du film, en fonction du message que le réalisateur souhaite communiquer au spectateur.

Comment réaliser l’étalonnage ?

Les contrastes doivent être similaires d’un plan à un autre. Le plus simple étant de comparer les mêmes objets ou surfaces présents sur les mêmes plans, mais pris sous des angles différents (si la caméra a bougé par exemple). Mais surtout, comparer les zones obscures de ces surfaces, entre elles, ainsi que les zones claires. Et notamment, lorsqu’une zone claire se rapproche dangereusement du « blanc cramé »…
Il y a tout un chapitre sur les contrastes qui développe ce paramètre de l’image.

Filtre courbes

Filtre courbes

De la même façon, lorsque la caméra bouge, ou que la mise en scène évolue, les surfaces réfléchissantes changent. Ou il peut y avoir un mélange de lumière artificielle et de lumière naturelle selon les situations, auquel cas, les teintes vont varier d’un plan à l’autre, ou parfois, d’une zone à l’autre d’une même image : le visage d’un personnage illuminé par un projecteur, alors que le visage d’un autre personnage est lui illuminé par le soleil… Il faut alors travailler la  balance des blancs en post-production afin de corriger ces différentes teintes.

Quant à la saturation, elle est souvent liée aux deux précédents paramètres : Lorsque l’on augmente le contraste, la saturation des couleurs augment aussi. Inversement, lorsque les niveaux sont modifiés (pour diminuer les contrastes) il est judicieux d’augmenter la saturation pour garder du « punch » au niveau des couleurs.
À noter qu’il vaut mieux corriger une balance des blancs avant de toucher à la saturation, car cette dernière, si elle est augmentée, va accentuer le décalage de la balance des blancs. Surtout sur une surface qui est blanche dans la réalité. En saturant l’image on met en évidence les erreurs d’une balance des blancs mal faite au moment du tournage.

Il ne faut jamais oublier que l’étalonnage doit être aussi discret qu’un maquillage sobre et subtile : à trop modifier une image on fini par la dégrader. D’où l’intérêt de prendre son temps pour bien régler les paramètres d’enregistrement selon la situation rencontrée.

Vérifier l’étalonnage vidéo :

Il y a un certain nombre d’outils sur les logiciels de montage vidéo ou de retouches d’images qui permettent d’étalonner une prise de vue par rapport à une autre, c’est à dire de passer de l’une à l’autre sans aberrations :

Il faut quand même garder à l’esprit que le meilleur outil… c’est notre œil, et surtout celui des autres : Il n’y a pas de meilleur contrôle que le regard d’autres spectateurs.

Or le monteur vidéo est le premier spectateur du film. Il est évident que l’écran de la station de montage vidéo doit restituer au mieux l’image réelle.

Il est toujours intéressant ensuite de comparer le rendu du film sur un écran de télévision, car la aussi chaque télévision a ses réglages d’usine, voire des réglages personnalisés en fonction des goûts de son propriétaire. Et surtout les espaces de couleur : Entre autres, nous avons le sRGB/Rec709 utilisé pour la HD, le DCI-P3 D65, utilisé pour les Blu-Ray UHD, et le Rec.2020 qui est le plus large de tous. Ces différents espaces de couleurs ne vont pas restituer une même image de manière strictement identique. D’où l’intérêt de comparer un même rendu de film sur plusieurs supports.

Il ne faut donc pas hésiter à tester un rendu de film également sur un écran d’un smartphone, voire une tablette. Ou encore mieux, sur un écran de projection vidéo. Sur ce dernier, on verra généralement plus de détails que sur le meilleur des écrans TV…

 

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